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1950 retour au Congo pour un terme (3 ans) C'est au courant du mois de juillet 1950 que nous sommes
repartis au Congo. Quel évènement ! J'allais avoir 7 ans et j'allais aller
en avion ! Et à cette époque, voyager en avion, ce n'était pas comme de nos
jours. Les avions n'étaient pas des « jets » mais des DC3 pour de
courts trajets, les DC3 étaient des bimoteurs. Pour des trajets plus importants,
c'étaient des DC4 ou des DC6 qui étaient des quadrimoteurs mais toujours à
hélice. Plus tard sont venus les DC7 qui étaient un peu plus gros et enfin les
DC7 seven seats qui avaient la particularité d'avoir 7 sièges par rangée.
Nous somme
donc partis en DC6 (de la SABENA) et une escale était prévue en Libye, à Tripoli.
Nous y avons atterri de nuit, nous sommes restés sur place une bonne heure,
peut-être deux, il ne s'agissait que d'une escale
technique. Après
une heure ou deux de vol, un premier problème est survenu en ce sens qu'un
moteur est tombé en panne. On voyait régulièrement les membres de l'équipage
regarder aux hublots, quand sur la même aile, le second moteur a pris feu. L'équipage
a pu arrêter le moteur et en y injectant de la mousse carbonique il a pu
éteindre l'incendie. Nous étions alors au dessus du désert. L'avion a perdu de
l'altitude et volait incliné du fait que si les deux moteurs d'un côté
tournaient bien, sur l'autre aile les deux moteurs faisaient un poids mort.
L'équipage est parvenu à maintenir l'avion jusqu' à Kano au Nigeria. Nous avons
fait un atterrissage d'urgence à Kano, ce qui n'était pas facile à cause des
deux moteurs en panne, et par comble de malchance, un des pneus du train
d'atterrissage a crevé au moment de l'atterrissage rendant la manœuvre encore
plus délicate. Je ne m'en souviens pas, mais mes parents m'ont dit que les
passagers ont applaudi l'équipage. Nous étions
en 1950 et ce genre de problème ne se résolvait pas aussi facilement
qu'aujourd'hui. J'ai entendu dire que le pilote avait dû téléphoner à Bruxelles
ou on lui demandait de rentrer avec son équipage avec l'avion en panne. Il a
refusé. Quant aux passagers, nous avons été logés au « guest-house » de
l'aéroport de Kano. C'est là que j'ai vu les premiers hommes de race noire dont
je me souviens et cela m'a fort impressionné bien que papa et maman nous en aient
déjà parlé. J'ai aussi eu la surprise d'entendre maman parler anglais, parce
qu'il lui fallait du lait chaud pour le biberon de ma petite
sœur. Oui, parce
que ce que je ne vous ai pas encore dit, c'est que mes parents ont profité de
leurs séjour en Belgique pour me donner un petit frère, Charles III (que j'ai
essayé de tuer en faisant tomber sa poussette) et une petite sœur Bernadette,
dont nous avions peur qu'elle ne parle flamand parce qu'elle est née à Herent en
pays flamand. Pour mon petit frère Charles, on l'a appelé Charles 3 parce que
mon grand père paternel s'appelait Charles, mon père aussi (même si tout le
monde l'appelait Carlos), cela faisait de mon frère le troisième Charles de la
dynastie et un frère de papa, oncle Robert, lui a offert en cadeau de baptême un
gobelet en argent gravé Charles III. Cette petite
mise au point terminée, j'en reviens à notre séjour imprévu à Kano où nous devions
attendre un autre avion pour continuer notre voyage. Nous sommes restés une bonne
semaine à Kano. Je me souviens qu'il y faisait très chaud et que nous ne
pouvions pas sortir sans casque. Vous savez, le fameux « casque
colonial » ! Ce casque était supposé nous protéger du soleil. Et un
souvenir qui me reste aussi c'est celui des grands ventilateurs suspendus au
plafond dans toutes les pièces du guest-house. Enfin, après
une semaine nous avons poursuivi notre voyage pour arriver à Jadotville au
Katanga. Je me souviens d'avoir logé à l'hôtel, d'y avoir fait la connaissance
d'une petite fille de mon âge, Lula SAKALIS, une petite grecque avec laquelle
nous avons joué. Je me souviens aussi d'avoir été présenté à la famille SMAGUE
(Madame SMAGUE et sa
fille Mieke - voir la page 16 de mon album en cliquant « ici
»). Je viendrais passer quelque fois un dimanche chez eux, parce
que j'allais être en « pension » au collège des frères Xavériens à
Jadotville pendant que mes parents habiteraient à Kiubo où papa devait
surveiller les travaux de construction d'un pont sur la
Lufira. De cette
première expérience de pensionnaire, je n'ai conservé que quelques
images : Enfin, pour
les vacances de Noël, Papa est venu me chercher en camion. C'était un camion de
chantier à benne basculante. Il y avait le chauffeur indigène, papa et moi.
C'était la saison des pluies et les routes n'étaient en réalité que des pistes
tracées dans la brousse. Du fait de la saison des pluies, ces pistes étaient
détrempées et le camion s'est embourbé à plusieurs reprises. Il fallait alors
demander aux indigènes de rencontre de nous aider à pousser le camion en plaçant
des branchages sous les roues pour le désembourber. Papa distribuait alors des
cigarettes aux indigènes qui nous avaient aidés. Kiubo n'est qu'à 120 Km de Jadotville, mais il nous a bien fallu la journée et une partie de la nuit pour arriver. En effet, après avoir déjà parcouru je ne sais quelle distance, nous avons été arrêtés par une file de camions immobilisés parce que les premiers étaient embourbés. Papa et les quelques européens qui se trouvaient là ont eu bien du mal à obtenir des indigènes qu'ils aident à dégager le convoi. Il faut dire que le soir tombait et que ces indigènes avaient plutôt envie de rentrer chez eux. Comme les choses ne bougeaient pas vite, papa a fait ouvrir une caisse de fruit du Cap que le camion devant nous transportait. Il a dû discuter ferme avant que le chauffeur n'accepte, mais en définitive, nous avons tous pu manger quelques pèches ou abricots et ce n'est que tard dans la nuit que nous avons enfin pu reprendre la route.
Si je n'ai pas beaucoup à raconter sur l'année que j'ai passée en pension à Jadotville, Sur Kiubo et sur notre séjour à Jadotville par la suite, j'ai vraiment beaucoup à dire. Kiubo, c'était vraiment la vie de petits coloniaux en pleine brousse.
Déjà
le simple fait d'être en brousse, sans électricité, sans téléphone et sans radio
ni TV
bien sûr
et encore moins d'informatique, on n'en parlait pas encore, pouvait être
angoissant. Mais ce n'était pas tout! Nous étions seuls, vraiment les seuls
blancs à des kilomètres à la ronde. La ville la plus proche était Jadotville, à 120 Km de
pistes en terre, et à 70 Km il y avait Sampwé, une mission des pères
Bénédictins. On était vraiment en pleine brousse. Mais quelle vie formidable. On
se serait cru dans "la petite maison dans la prairie" en plus sauvage encor.
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