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Autobiographie d'un petit colonial VISITEURS Ma vie commence à Albertville Ma vie commence effectivement à Albertville, et si j'étais né beaucoup plus tard, j'aurais dû écrire « Ma vie commence à Kalemie », parce que je ne suis pas né en France dans la ville qui a accueilli les Jeux olympiques d'hiver en 1992, mais bien au Congo, qui était encore à l'époque la colonie de la Belgique. J'ai donc eu la chance, à l'époque où l'Europe était sous la botte de l'envahisseur nazi, de venir au monde à un endroit que la guerre n'a pas touché. Et on m'attendait ! Maman ne pouvait pas avoir d'enfant ! Par chance, elle a rencontré un pasteur protestant qui était gynécologue et qui l'a soignée. Cela a très bien fonctionné et je suis venu. Maman était âgée de 36 ans et mariée depuis déjà 5 ans. Comme j'étais vraiment attendu, j'ai eu droit à un album de photos rien que pour moi, ce que n'ont pas eu mes frères et sœurs. Comme je n'ai aucun souvenir de cette époque, j'ai trouvé plus simple d'utiliser l'album que papa et maman avaient si bien réalisé, confectionné et illustré pour moi pour relater cette première période de mon existence.
Avant de poursuivre, je me dois ici de rappeler que ces évènements se sont
passés au Congo, durant la guerre 40/45 et comme ils vivaient en « brousse »,
mes parents ne disposaient pas du moindre confort moderne. C'est donc papa qui a
pris, développé et imprimé chacune des photos qui figurent dans l'album. C'est
maman qui a colorié certaines photos avec de l'encre de Chine et un matériel
approprié. Ce sont papa et maman qui ont confectionné la reliure et chacune des
pages de mon premier album. Les documents que vous allez voir sur ce site sont
donc uniques et ont une très grande valeur pour moi. Pour poursuivre ce récit il vous faudra maintenant parcourir les pages de mon album en cliquant sur les numéros des pages.
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Quelques mois après la naissance de ma petite sœur, Marie-Thérèse (qui a eu
droit à quelques photos dans « Mon album »), nous sommes rentrés en Belgique. La
guerre était terminée et nous avons eu la chance de manquer l'avion qui devait
nous amener à la métropole. Vous n'avez pas mal lu, et je n'ai pas fait de
lapsus, j'ai bien écrit « nous
avons eu la chance de manquer l'avion qui devait nous amener à la métropole ».
Nous avons vraiment eu de la chance, parce que l'avion qui devait nous embarquer
n'est jamais arrivé en Belgique. Il s'est écrasé et il n'y eut aucun survivant.
Nous sommes bien arrivés, un peu plus tard, mais à bon port.
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